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Roullet : Fin de course imminente pour les transports « Tam Tam ! », trente emplois menacés

Roullet : Fin de course imminente pour les transports « Tam Tam ! », trente emplois menacés


Placée en redressement judiciaire le 14 avril, l’entreprise dont le siège social est implanté à Yvrac, près de Bordeaux, attendait de potentiels repreneurs. La justice avait fixé la date butoir au 23 août, selon nos informations. « Le 24 on a appris qu’il n’y avait pas de repreneur dans le 16, retrace un chauffeur. En Gironde, ils vont garder dix personnes, dans le 17 ils reprennent le dépôt mais presque aucun salarié. » Au final, une bonne partie des 170 salariés devraient être licenciés. Dont la trentaine de Charentais.

Le couperet tombera le 31 août

L’amertume domine dans les couloirs et derrière les volants. « On a été abandonnés, c’était une entreprise familiale, on a toujours fait notre maximum pour préserver la boîte », regrette le chauffeur. Les spécialistes de la livraison tiennent leur responsable : Labatut. Le groupe de transport et logistique de Haute-Garonne, 90 millions d’euros de chiffre d’affaires, a racheté « Tam Tam ! » en 2019. « C’était un nouveau métier pour eux et ils ne nous ont pas écoutés », peste un cadre charentais, 34 ans d’ancienneté.

Une employée « touche-à-tout » décrit une stratégie brouillonne. « Ils ne connaissent pas la messagerie. Eux font des lots par camions complets, commence-t-elle. Nous, tous les matins on a 500 positions (points de livraisons Ndlr.) qui arrivent et on doit les dispatcher entre nos 30 chauffeurs. » Fred, 25 ans de boîte, illustre : « C’est comme si Rungis reprenait le marché de l’Isle-d’Espagnac, ça ne se gère pas pareil. »

C’est comme si Rungis reprenait le marché de l’Isle-d’Espagnac, ça ne se gère pas pareil.

Selon sa collègue, les nouveaux patrons ne se sont pas assez intéressés aux spécificités de « Tam Tam ! ». « On les a vus trois fois en quatre ans », dénonce-t-elle. Fred décrit une réorganisation bâclée : « Ils devaient nous mettre du fret, on a vu que dalle, pas une palette. Ils ont changé les lignes (d’approvisionnement), nos transits prenaient du retard. » Corollaire : « On perdait des clients, il n’y avait plus vraiment d’activité commerciale », commente un autre. L’entreprise a été déclarée en cessation de paiements le 6 avril.

Contactée lundi matin, la direction du groupe Labatut n’a pas donné suite à nos demandes d’interview. Quant au siège de « Tam Tam ! », personne pour interrompre le jingle du téléphone. L’agence de Roullet, elle, n’a déjà plus de responsable d’agence. « Il est parti hier », lâche le cadre. La salariée polyvalente recadre : « un mec génial, il n’en pouvait plus et je comprends qu’il soit parti avant. » Avant le 31 août et la décision du tribunal de commerce de Bordeaux. Sauf surprise, les magistrats devraient prononcer la liquidation judiciaire.

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