BUSINESS

La croissance en France ralentit fortement, les prix de l’alimentation s’envolent

La croissance en France ralentit fortement, les prix de l’alimentation s’envolent


Ce n’est pas encore tout à fait la récession tant redoutée, mais peut-être la préfiguration d’une annus horribilis en 2023 pour l’économie française.

Selon les dernières prévisions conjoncturelles de l’Insee, publiées mercredi 7 septembre, la croissance pour 2022 devrait s’établir à 2,6 %, le troisième trimestre s’annonçant poussif (+ 0,2 % de croissance au lieu des + 0,3 % prévus avant l’été) et le quatrième atone (+ 0,0 %, au lieu de + 0,3 %). Un violent coup de frein après le rebond de 6,8 % en 2021, et surtout une impulsion plus que modeste pour démarrer 2023. A ce stade, l’acquis de croissance pour l’an prochain n’est que de l’ordre de + 0,2 %.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés La croissance française résiste, mais 2023 s’annonce périlleux

Et encore, ces prévisions pour la France relèvent d’un scénario « central », comme le rappelle Julien Pouget, chef de la conjoncture à l’Insee. Autrement dit, les choses peuvent aller mieux que prévu, mais peuvent aussi se dégrader. Compte tenu des inconnues sur l’énergie et de la hausse des taux d’intérêt, une contraction du produit intérieur brut (PIB) au dernier trimestre – marquant donc la première étape vers la récession, qui suppose deux trimestres consécutifs de baisse – « n’est pas exclue en cas d’accroissement des difficultés d’approvisionnement énergétique en Europe », admet l’Insee. Il faudra compter avec d’autres aléas, géopolitiques, sanitaires ou encore climatiques. « Le risque de récession augmente », avertissait pour sa part, lors d’un discours à Bruxelles, le commissaire européen à l’économie, Paolo Gentiloni. « Nous pourrions bien nous diriger vers l’un des hivers les plus difficiles depuis des générations. »

En cette rentrée 2022, ce sont essentiellement les tensions sur la production – problèmes d’approvisionnement, pénuries, manque de main-d’œuvre – qui pèsent sur l’activité et entretiennent l’inflation. Le léger reflux enregistré au mois d’août sur les prix, lorsque la hausse des prix sur les douze derniers mois est revenue à 5,8 % au lieu de 6,1 % en juillet, ne devrait être que provisoire. L’inflation serait à 6,6 % fin décembre, selon l’Insee. Le chiffre serait bien plus élevé sans le bouclier tarifaire qui minore de 2,5 points la hausse des prix. En moyenne sur l’année, les prix auront augmenté de 5,3 % en 2022, contre 1,6 % en 2021.

Peu de marges pour les autres dépenses

Surtout, l’inflation, qui touchait essentiellement l’énergie en début d’année, se diffuse de plus en plus dans tous les domaines de l’économie, et singulièrement dans celui de l’alimentation. La hausse des prix dans les rayons des supermarchés pourrait frôler les 12 %, annonce l’Insee, tandis que les biens manufacturés afficheront une hausse de 5 % environ. C’est désormais le poste alimentation qui est le premier responsable de la hausse des prix en France, doublant ainsi l’énergie. Une flambée « qui tient à la croissance des prix de production », explique M. Pouget, qu’il s’agisse directement des cours agricoles ou du prix de l’énergie nécessaire pour transformer, stocker ou acheminer les denrées alimentaires. En un an, les prix de production ont augmenté de 35 % dans le secteur agricole, de 20 % dans l’industrie et de 7 % dans les services.

Il vous reste 41.21% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Leave a Comment