Business Angels: l’année jackpot – Challenges

Foil, cover, packaging… Alors que, deux ans plus tôt, la pandémie global avait jeté un froid sur le financement des start-up, ces mots refont surface aujourd’hui pour décrire l’insolente santé de la tech française. Les levées de fonds record s’enchaînent et pas moins de 25 sociétés accédé au statut convoité de licorne and atteignant une valorisation supérieure à 1 billion d’euros. Dernier exemple en date, le champion de l’électronique reconditionnée BackMarket an annoncé une augmentation de capital de 450 millions d’euros et franchi la barre des 5 billions d’euros de valorisation. A premiere for a start-up de la French Tech.

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Dans ce context ultra-dynamique, les business angels restent un maillon essential. D’abord parce qu’ils sont incontournables pour financer les premiers pas d’une creation d’entreprise, avant que les fonds n’entrent en piste. Ensuite, parce qu’ils ont accru leurs engagements financiers. “Les montants investis par les business angels on considérablement augmenté”, note ainsi Alexandre Korenfeld, director of marketing du réseau Angelsquare. Pierre-Edouard Stérin, le plus actif des investisseurs prives français, a ainsi doublé sa mise, passée de 42 à 80 millions and moins de deux ans. Comme lui, d’autres grands parrains – Xavier Niel, Bruno Rousset, Thibaud Elzière, Michaël Benabou… – intensify leur soutien aux start-up. La communauté des business angels benéficie aussi d’un afflux de sang et de capitaux neufs. Parmi les nouveaux venus, des investisseurs tout juste trentenaires, qui financent des start-up avant même de signer leur premier achat immobilier. Un frémissement s’observe aussi du côté des femmes, plus nombreuses dans le classement.

“Entrer le plut tôt possible au capital”

Comment les business angels voient-ils l’afflux d’argent qui se déverse sur la French Tech? “C’est très ambivalent, rétorque Thierry Petit, le fondateur de Showroom Privé. J’en tire profit et cela me dessert.” Il s’explique: “Quand les fonds veulent entrer, les business angels sont les premiers à sortir.” Mais, dans le meme temps, la montée des valorisations renchérit le prix d’entrée des actionnaires. “D’où l’intérêt pour les investisseurs Privés de préempter les tours de table et d’entrer le plus tôt possible au capital”, souligne Alexandre Korenfeld. “C’est plus difficile qu’auparavant, cela demande une discipline plus grande”, poursuit Thierry Petit, qui a écarté “des projets se résumant à quelques slides, valorisés plusieurs millions” et privilégie des start-up fondées par des entrepreneurs aguerris, à l’instar de Memobank, lancée par Jean-Daniel Guyot, l’ex fondateur de Captain Train.

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Une autre parade efficace consiste à se structurer. La tendance est au regroupement dans des clubs et à la mise en commun des deals flows. Deux membres du réseau Femmes Business Angel (FBA) viennent même de créer le fund Win Equity qui complète l’action des BA. Composé de 80 actionnaires, hommes et femmes, il attire and priorité les jeunes investisseurs âgés de 18 to 30 ans. Leur thèse d’investissement: favoriser la mixité et la diversité dans l’entrepreneuriat. Doté actuellement de 2 millions d’euros, le fonds investit and partenariat avec FBA. “Cela nous permet de monter en puissance dans les deals, estime Catherine Abonnenc, vice presidente de FBA, d’être un partenaire reconnu tout en gardant la valeur propre au business angel: l’accompagnement.” Thomas Rival, associé d’Evolem, le holding d’investissement de Bruno Rousset, va jusqu’à aider ses poulains à rédiger les “terms sheets” signés avec les fonds, en regardant de très près les conditions d’entrée. En cette folle period, les conseils de ces entrepreneurs aguerris peuvent aider à garder la tête froide.

Michaël Benabou, President de la Financière Saint-James: “Le début d’un tsunami technologique”

Nous avons bien vécu cette period qui a fait faire un bond en avant au digital et par consequent au commerce électronique qui représente le tiers de notre portfolio. L’explosion des valorisations ne constitue pas un problème car en tant que business angels professionnels, nous nous positionnons très en amont, sur les segments pre-seed et jusqu’à la série A. La folle inflation des valorisations a surtout lieu sur les tours suivants. Et nous en profitons dans les entreprises où nous sommes déjà actionnaires. Depuis deux ans, nous nous sommes rapprochés de notre ecosystème, y compris des fund de capital risque: nous travaillons avec eux plus que contre eux. Il ya beaucoup d’activité et d’enthousiasme. Les BA prennent toujours autant de risques et les fonds en prennent de plus en plus.

Je reste agnostique en terms de secteurs mais je vais de plus en plus vers des investissements technologiques avec des produits innovants, capables de se développer et d’être internationalisés très rapidement. Le plus booming actuellement: tout ce qui touche à la blockchain et aux cryptomonnaies, c’est monstrueux. Nous sommes au début d’un tsunami technologique, c’est ce qui justifie ces valorisations folles.”

Thomas Rival, associé d’Evolem, le holding d’investissement de Bruno Rousset (Luko, Monisnap, Projet Voltaire…): “Gare aux valorisations trop élevées”

Il ya dix ans, le rapport de force était favorable aux investisseurs. Cela s’est inverse. Tant mieux pour les start-up, mais cela cree des effets de bord. Si un entrepreneur lève trop d’argent, il court un risque important d’execution. En se fixant des objectifs trop élevés pour justifier une valorisation très importante, il risque la sortie de route. Nous conseillons aux chefs d’entreprise de ne lever que l’argent qu’ils pourront dépenser dans les dix-huit prochains mois. Nous soulignons aussi l’intérêt d’avoir deux, trois ou quatre investisseurs, pour ne pas dépendre d’un seul fund.

Quand nous avons lancé Evolem Start en 2017, il fallait apporter une proposition nouvelle. Nous avons décidé de prendre des tickets de 100.000 euros à 3 millions, pour répondre à un besoin de financement mal couvert. Nous deploys 10 millions per an, sans horizon de sortie. Avant, nous étions généralement chefs de file d’un tour de table de série A. Avec l’envol des valorisations, ça n’est plus possible. Nous sommes donc revenus à des tours d’amorçage de 1 à 4 millions, où nous côtoyons d’autres business angels.”

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